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Artiste(s)
 
CHANTIER INTERDIT AU PUBLIC
PEINTURE, DESSIN, INSTALLATION
21 RUE GOETHE
67000 STRASBOURG
Quartier Université
T. 0388601071 - E-Mail
Une suite perpétuellement différée
Mon travail actuel s'adonne particulièrement à l'usage du fusain, celui de l'encre de chine et des craies. Si j'ai renoncé momentanément à la couleur (oeuvres avant 2011), ma recherche reste la même, celle de mettre en rupture la surface du papier et de transformer ainsi son étendue en espace, un espace à la fois dense, resserré et un espace éclaté, fissuré - il y a des passages, des fentes, des scissions dans mon travail. L'espace pictural que je recherche est avant tout un espace à percevoir plutôt qu'à lire.
Dans ma pratique d'atelier, je privilégie le travail en série plutôt que l'élaboration de pièces uniques et cela dans la tentative de maintenir l'espace ouvert, en suspens, en dilatation... Ma démarche situe le travail de la peinture dans un flux permanent. Gasiorowski parlait du fleuve de la peinture qui transporte. Et au fond ce qui m'intéresse ce n'est pas de peindre des tableaux, mais d'être dans le travail constant de la peinture .C'est ce qui m'a conduit peu à peu à laisser de côté le travail sur toile et investir surtout le travail sur papier qui permet des découpes des replis, des reports, de créer des rythmes qui s'enchaînent et s'entraînent dans l'espace de la peinture.
Mon travail invite ainsi à la déambulation et au déplacement du regard lequel, pris dans la trame des entre-deux, est sans cesse reconduit : il y a des déports, des relais, des renvois d'un dessin, d'une gouache à l'autre. C'est aussi un travail méditatif sur l'épuisement du regard : sur le temps que la peinture nécessite pour se tendre dans l'espace, sur le temps qu'elle demande pour être regardée, le temps que met une oeuvre à ne pas s'épuiser. Epuiser le regard c'est aussi épuiser le geste de peindre, insister sur sa relance et refuser l'arrêt sur image, s'inscrire dans son extension, son devenir... Travailler ainsi me permet d'échapper en permanence à l'illusion de l'acquis de la peinture comme à celle de son acquittement. Chaque suite dessinée ou peinte dénonce l'illusion de celle qui précède, tout en annonçant la suivante. C'est là, peut-être, viser autre chose que la peinture elle-même. L'oeuvre qui se fait, avant d'être l'effet d'un acte, devient elle-même acte : une suite perpétuellement différée.
Dans ma pratique, la question de la présentation de l'oeuvre au regard d'autrui se pose en dernier lieu : renoncer à l'achèvement de la peinture, c'est aussi différer sa présentation. Travailler à son devenir en appelle à l'usure, à la reprise incessante de l'acte de peindre... Ce -à quoi il aboutit est sans fin. Or, montrer, exposer mon travail c'est d'une certaine manière, pour moi, accepter d'y mettre un terme. La présentation marque un arrêt. Dès lors, comment le présenter sans renier sa totalité inachevée ? L'oeuvre en devenir ne peut s'exposer qu'en assumant ce paradoxe : celui d'un inachèvement auquel on met un terme momentanément. Ce qui est montré porte la marque d'un manque, qui est fondamentalement un appel à l'autre, celui de la rencontre.
 
Evénement(s)
12 mai
18h-20h
Apéros
Transports
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10
Place Brandt
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C
Université